Conférence – Prévenir, repérer et agir face aux violences dans le sport
À l’occasion de cette conférence, plusieurs intervenantes ont partagé des repères essentiels pour mieux prévenir, signaler et traiter les situations de violences (sexistes, sexuelles, psychologiques, morales ou psychiques) dans le milieu sportif.
1. Des constats chiffrés préoccupants
Les chiffres présentés lors de la conférence rappellent l’ampleur du phénomène et la nécessité d’agir collectivement :
- 2 179 signalements recensés
- + 40 % de signalements entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 mai 2025 par rapport à 2024
- 65 % des victimes étaient mineures au moment des faits.
- 75 % des personnes mises en cause sont des éducateurs sportifs, dont la moitié sont bénévoles.
Ces données soulignent l’importance d’un cadre clair et de procédures connues de tous au sein des structures sportives.
Des fédérations sportives concernées sur l’ensemble du territoire
2. Comprendre les violences et le cadre légal
La conférence a permis de rappeler les différentes formes de violences reconnues par la loi, parmi lesquelles :
L’outrage sexiste ou sexuel
Le harcèlement sexiste ou sexuel
L’agression sexuelle
Le viol
L’atteinte sexuelle sur mineur
Le bizutage
La diffusion d’images à caractère sexuel ou sexiste sans consentement
Ces infractions sont lourdement sanctionnées, avec des peines pouvant aller de 2 à 15 ans d’emprisonnement, assorties de fortes amendes, selon la nature et la gravité des faits.
Les délais de prescription ont également été rappelés :
6 ans pour les délits
20 ans pour les crimes
Des délais spécifiques et prolongés pour les faits commis sur des mineurs
3. Signaler : une obligation légale et une responsabilité collective
Quatre leviers de signalement ont été présentés comme complémentaires et indispensables :
Signal Sport
La procédure disciplinaire fédérale
La procédure administrative (SDJES)
La procédure judiciaire, avec l’obligation de signalement prévue par l’article 40 du Code de procédure pénale
Dès la réception d’un signalement, des mesures conservatoires peuvent être mises en place, telles que l’interdiction temporaire d’exercer des fonctions d’encadrement, afin de garantir la protection des victimes et des adhérents.
4. L’importance d’une procédure interne au sein des clubs
Un message fort a été rappelé : chaque structure sportive doit disposer d’une procédure interne formalisée. Celle-ci permet :
De protéger la victime
De respecter les droits de la personne mise en cause (présomption d’innocence, droit du travail)
De sécuriser juridiquement les dirigeants
Cette démarche repose notamment sur :
Un règlement intérieur clair
Une charte d’engagement
La désignation d’un référent VSS
Un cadre posé en amont, rappelé régulièrement et partagé par l’ensemble des membres
5. Accueillir la parole : un enjeu fondamental
La qualité de l’accueil de la parole est déterminante pour la suite de la prise en charge. Les intervenantes et intervenants ont insisté sur la nécessité de :
Créer un climat de confiance et de sécurité
Comprendre les réactions psychiques normales des victimes
Éviter toute forme de violence institutionnelle
Recueillir les informations essentielles sans pression ni jugement
Une victime ne pourra parler que si elle se sent écoutée, crue et protégée.
6. Bonnes pratiques et prévention au quotidien
De nombreuses actions concrètes ont été partagées pour renforcer la prévention au sein des clubs :
Limiter les situations d’isolement injustifiées
Renforcer la vigilance sur les lieux et temps à risque (vestiaires, déplacements, hébergements)
Rappeler des règles claires et constantes
Adopter une posture professionnelle adaptée
Former les encadrants
Être attentif aux signaux d’alerte
Créer un cadre structuré, lisible et durable est un levier essentiel pour réduire les risques et favoriser la libération de la parole.
7. Un kit VSS à destination des associations sportives
Dans cette logique d’accompagnement des structures, le CDOS a conçu un kit dédié aux associations sportives, afin de leur fournir un outil unique et opérationnel recensant l’ensemble des informations essentielles en matière de prévention et de gestion des violences.
Ce kit comprend notamment :
Un rappel clair des procédures de signalement
Des exemples de règlements intérieurs et de chartes d’engagement
Des bonnes pratiques concrètes
Des supports pédagogiques
Les contacts utiles
https://www.cdos-isere.fr/vss/
8. Les intervenantes et intervenants
Cette conférence a réuni des professionnelles et professionnels aux expertises complémentaires :
Kayla Paya, Inspectrice violences – SDJES
Avocate du Barreau de Grenoble
Sandrine Barbarin, Dirigeante associative
Charlène Auzanne, Consultante en communication & psychoéducation, spécialisée en santé mentale et protection de l’enfance
Lauranne Guiot Lemoine, Vie associative & formation
Fabrice Ferrand, Éducation & citoyenneté
